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Seules les couleurs sont radicalement différentes de certains Tarots de Marseille qui comportent simplement du rouge, du jaune et du bleu, sans bleu clair ni d'autres couleurs. A l'origine, ces couleurs primaires simplement bleues, jaunes et rouges, non initiatiques, furent copiées sur un jeu Camoin de à l'époque de l'ère industrielle et de l'apparition de machines ne pouvant imprimer que quatre couleurs.

Dans les années , l'ancêtre de Philippe Camoin, qui était le dernier et unique maître cartier à Marseille fut en effet contraint d'inventer ces nouvelles couleurs pour s'adapter aux machines. Ainsi naquit une édition particulière spécialement crée pour la production de masse. Ecoutons-le exprimer sa satisfaction:. La primera, haber conocido a vuesa merced, que lo tengo a gran felicidad. La segunda, haber sabido lo que se encierra en esta cueva de Montesinos, con las mutaciones de Guadiana y de las lagunas de Ruidera, que me servirân para el Ovidio espanol que traigo entre manos.

La tercera, entender la antigùedad de los naipes, que, por lo menos, ya se usaban en tiempo del emperador Carlo Magno, segûn puede colegirse de las palabras que vuesa merced dice que dijo Durandarte, cuando al cabo de aquel gran espacio que estuvo hablando con él Montesinos, él desoertô diciendo: Y esta razôn y modo de hablar no la pudo aprender encantado, sino cuando no lo estaba, en Francia y en tiempo del referido emperador Carlo Magno.

Y esta averiguacion me viene pintiparada para el otro libro que voy componiendo, que es Suplemento de Virgilio Polidoro, en la invenciôn de las antigùedades; y creo que en el suyo no se acordô de poner la de los naipes, como la pondre yo ahora, que sera de mucha importancia, y mâs alegando autor tan grave y tan verdadero como es el senor Durandarte. La cuarta es haber sabido con certidumbre el nacimiento del rio Guadiana, hasta ahora ignorado de las gentes '. Des quatre motifs de satisfaction exposés dans cette longue tirade, c'est assurément la découverte de l'origine des cartes à jouer qui reçoit la coloration la plus ironique et qui mérite, en outre, le plus long développement.

Il y a dans ce passage une parodie de l'érudition myope qui scrute les origines de toutes choses; mais, comme l'a justement fait observer Marcel Bataillon, le ridicule atteint ici le seul Cousin, érudit au petit pied, et non pas Polydore Virgile dont le livre éclaire des sujets infiniment moins futiles 2. Peut-on considérer que Cervantes, au delà du Cousin humaniste, raille quelque auteur contemporain? Martin de Riquer pense que oui.

Dans son. On se contentera ici de renvoyer à sa démonstration, qui est ingénieuse '. On fera seulement observer que le fait que Polydore Virgile — qui, effectivement, évoque les cartes à jouer sans même poser le problème de leurs origines 2— ne soit pas mentionné par Luque Fajardo dans les chapitres incriminés il est cité ailleurs ne paraît pas être un indice suffisant pour supposer que ce sont précisément ces chapitres qui sont visés par Cervantes.

Mais, à dire vrai, cette démonstration n'est pas indispensable à notre propos. L'intérêt de l'hypothèse de Martin de Riquer est, pour nous, dans la mise en rapport de ces deux chapitres du traité de Luque Fajardo — qui seront étudiés plus avant — avec la tirade du Cousin humaniste. Car, même si la victime de la satire cervantine n'était pas Luque Fajardo ou, ce qui est également possible, si cette satire ne visait personne en particulier, l'auteur du Fiel desengano contra la ociosidad y los juegos mériterait tout à fait la critique que Cervantes adresse, de façon générale, à tous les Cousins humanistes du monde, qui se livrent sans retenue aux délices du punctum remotum:.

Ce jugement définitif — placé en exergue à cet article — tombe des lèvres de don Quichotte au terme de la première conversation que Sancho et lui-même ont avec le faux savant. Il est, en fait, la cristallisation de tous les reproches que Cervantes fait, dans le prologue ironique de son roman, aux plumitifs qui se piquent d'érudition. Dans cette affirmation péremptoire, il déclare nulles et non. Amère leçon pour les érudits qui font un travail de taupe et ne sont plus capables de remonter à la lumière. Don Quichotte, à sa façon, enseigne qu'il ne faut pas se tromper sur l'objet auquel on applique son esprit.

On ne peut aujourd'hui, après plus de deux siècles de recherches stériles sur l'invention des cartes à jouer ', contester la justesse de ce propos. Un français bossu. Elle est pourtant grande, la tentation de scruter les origines. Comment ne pas se demander d'où viennent les choses dont on fait un usage quotidien? On a toujours envie de faire parler les choses. Et puis, si ces choses ne disent rien sur elles-mêmes, on peut toujours faire parler les mots qui servent à les nommer: Sebastian de Covarrubias, le père de la lexicographie castillane ou espagnole cette équivalence — ou cette indifférence — est déclarée dans le titre même de son Tesoro publié en , est le premier à expliciter l'origine d'une très jolie fable sur les cartes à jouer espagnoles.

Voici ce qu'il écrit, à l'article naipes:. Libro desenquadernado en que se lee comûnmente en todos estados, que pudiera estar en el catâlogo de los reprovados.

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Dixerônse naipes de la cifra primera que tuvieron, en la quai se encerrava el nombre del inventor. Eran una N y P, y de alli les pareciô llamarlos naipes; pero las dichas letras dezian Nicolao Pépin. Tamarid piensa ser aràbigo, y lo mesmo el Brocense. Cette façon de donner une âme aux choses est bien dans la manière de Covarrubias.

On observera, du reste, qu'il propose pour toute définition du mot — donné au pluriel, c'est à dire susceptible de désigner l'ensemble des cartes d'un jeu, une bamja — une longue métaphore: Cette métaphore semble, au demeurant, avoir été. Testigo soy de algunos nuevamente impresos, menos antiguos que yo, pues no corrian cuando me puse a tahur '.

Mais examinons plutôt l'étymologie qui est proposée à la suite de la curieuse définition de Covarrubias. Cette étymologie est construite à partir des lettres N et P, qui auraient été imprimées sur les premières cartes à jouer; ces lettres, qui auraient donné naissance au mot, seraient les initiales de l'inventeur de la chose, un certain Nicolas Pépin. Raccourci extraordinaire, qui fait passer instantanément des choses aux mots, et vice versa.

Covarrubias ne doute pas du bien fondé de son étymologie, même s'il évoque in fine celle qu'ont proposée avant lui Lopez Tamarid et Sanchez de las Brozas, el Brocense, partisans de l'origine arabe du mot naipe. On ne s'attardera bien évidemment pas à réfuter une interprétation aussi fantasque; on fera seulement observer qu'elle suppose, au strict plan phonétique, une entorse de la première syllabe. Car, en effet, l'addition de N et de P ne peut jamais donner que e ne y pe, et non pas naype.

Mais là n'est pas l'essentiel. Peu importe que ce Trésor de la langue castillane ou espagnole contienne de la fausse monnaie philologique et Dieu sait s'il en est riche! Cet inventeur, Covarrubias ne l'invente pas. Il le tire de la tradition populaire, à laquelle il donne la garantie de son savoir étymologique. Ce n'est pas. Nicolas Pépin existe avant le Tesoro. Il est le frère ou le cousin dans une parenté folklorique de ce Pierre Papin, dont l'imprimerie est évoquée par Lopez de Ubeda, en , dans son roman picaresque intitulé La Picara Justifia:.

Ces joueurs impénitents, ces tricheurs noctambules sont donc censés ne jamais sortir de l'imprimerie de Pierre Papin, transformée en sanctuaire de la carte à jouer. Il est dit qu'ils passent leurs nuits, leur vie, dans l'atelier du cartier. En effet, dans El rufiân dichoso, on retrouve ce Pierre Papin, dont la notoriété est soulignée par la répétition du démonstratif aquel, dont on sait qu'il n'a pas d'équivalent dans notre langue.

On apprend, en outre, qu'il est Français et bossu, et qu'il tient boutique à Seville, dans la rue du Serpent:. Voilà que se précise la figure de l'inventeur devenu marchand. Rodriguez Marin, appliquant à l'excès une méthode positiviste servie, au demeurant, par une prodigieuse érudition, a cru retrouver, dans un document sévillan un recensement fiscal de , l'emplacement de la boutique dans ladite rue '. Renonçons donc, pour le moment, à faire sortir le marchand de la fiction; renonçons également à faire sortir l'inventeur de la fable.

Il ne rentrera dans l'histoire, ce Français bossu, que le jour où un contrat, par exemple, fera apparaître clairement son patronyme et sa profession; il ne rentrera dans l'histoire, ce Nicolas Pépin, que le jour où un collectionneur chanceux trouvera une carte à jouer sur laquelle seront imprimées les fameuses initiales. En attendant ces découvertes improbables, conservons à ces Pépin-Papin leur statut de personnages légendaires, parvenus jusqu'à nous grâce à Lôpez de Ûbeda, Cervantes et Covarrubias.

Ces personnages sont aujourd'hui les naufragés d'un folklore dont il n'est pas sûr qu'il fût encore vivant au XVIIIe s. La fable viendra alors s'ajouter aux interpolations pour achever de discréditer une opinion aussi généreuse. Le Père Ménestrier, partisan de l'origine française, avait été mieux inspiré en attribuant l'invention à Jacquemin Gringonneur. Ce dernier, au moins, est un personnage historique, qui figure dans les comptes de Charles Poupart, argentier du roi Charles VI, pour l'année II aurait assurément été mieux rétribué il ne reçut, en effet, que 56 sols si le jeu lui-même était sorti de sa minerve.

La légende royale ', la seule qui attribue à un Français l'invention des cartes à jouer, est donc construite à partir de documents d'archives. La légende espagnole, plus franchement populaire, ne s'embarrasse pas de telles références. On ne sait rien sur Nicolas Pépin. Ces détails ne sont pas forcément anodins. Le suprême monarque de l'oisiveté. Nicolas Pépin n'est pas le seul personnage à qui la tradition populaire espagnole attribue l'invention des cartes à jouer. Plus célèbre, mieux connu, même si sa biographie est controversée, c'est à un certain Vilhân que se réfèrent le plus naturellement les Espagnols des premières années du XVIIe s.

Pour Cervantes, il est le maître incontesté de cette science; pour d'autres, il est le suprême monarque de ce royaume maudit; pour tous, il est le démon en personne. Avant d'examiner les deux chapitres que Luque Fajardo lui consacre dans son Fiel desengano, on se propose de citer ici quelques uns des auteurs qui ont fait allusion à ce fameux Vilhân.

Quant à la tradition orale, sollicitée aujourd'hui en Castille et en Andalousie, elle ne connaît plus Vilhân. On se console un peu à l'idée que c'était déjà, en fait, le cas à l'époque de Rodriguez Marin, si l'on en juge par l'extrême pauvreté de l'information folklorique procurée sur ce point par Montoto y Rautenstrauch, dans les deux. Quand apparaît pour la première fois le nom de Vilhân? Si l'on s'en tient aux dates effectivement connues par quelque référence précise, il semble que ce soit dans la Recopilaciôn de algunos nombres arâbigos de Diego de Guadix, prête pour l'impression en mais aujourd'hui encore inédite , que doive être relevée la première occurrence de ce nom mystérieux:.

On notera que ce Bilham, recensé dans un lexique de termes prétendument arabes 2, n'est pas donné comme un personnage mais comme le nom même du jeu de cartes: Ce détail sera examiné plus avant. Mais, en réalité, il se pourrait que le nom de Vilhân, comme personnage très expressément lié à l'invention des cartes à jouer, ait circulé en Andalousie avant la dernière décennie du XVIe s.

En effet, dans un texte qui, certes, n'est imprimé qu'en , mais réunit des apophtegmes dont on sait qu'ils ont eu une diffusion orale ou manuscrite antérieure, Juan Rufo, né à Cordoue vers , évoque l'attribution de cette invention à Vilhân comme une tradition incontestée:.

Las seiscientas apotegmas, éd. Blecua, Madrid, Clâsicos Castellanos, n. On observera — et on retiendra pour l'analyse à venir — que l'évocation de cette tradition est immédiatement suivie d'un commentaire moralisateur sur la signification même de ce nom: II y a donc lieu de penser que, dans le dernier quart du XVIe s.

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La meilleure preuve en est la confusion que fait le lexicographe de entre le personnage et son invention supposée. Dès lors, il n'est pas étonnant que ce nom apparaisse, en , dans un document de type administratif, un rapport adressé au Cardinal de Seville, Nino de Guevara, sur les moeurs dissolues de la métropole andalouse. Dans ce memorial, rédigé par le Licencié Francisco Porras de la Câmara qui fut, par ailleurs, l'un des premiers lecteurs de la nouvelle cervantine Rinconete y Cortadillo, dans une première version inédite qu'il dut transcrire, précisément, pour le même Cardinal , on lit effectivement ceci:.

Cette expression est l'une des nombreuses périphrases auxquelles avaient recours ces marginaux dans leur langage particulier, lagermania, pour désigner la baraja, le jeu de cartes, l'ensemble des cartes nécessaires pour jouer. Parce que la baraja espagnole, on l'a vu, compte traditionnellement 48 cartes, c'est à dire autant de cartes qu'était censé avoir vécu d'années le Prophète 2. Revenons à Vilhân. C'est un autre Sévillan, le dramaturge Juan de la Cueva, qui nous donne en une curieuse version de la biographie du personnage.

On se souvient que, dans le Quichotte, le Cousin humaniste avait le projet de compléter le De rerum inventoribus de Polydore Virgile. Ce projet ridicule, Juan de la Cueva l'a réalisé, d'une certaine façon, quelques années plus tôt. Ses quatre livres De los ynventores de las cosas constituent un long poème d'une grande médiocrité, resté inédit jusqu'en , date à laquelle Lopez de Sedano l'a exhumé pour le publier intégralement dans son Parnaso espanol. Nul doute que si Cervantes avait connu ce texte, il aurait raillé son auteur au moins autant que Luque Fajardo '. Sachons gré, cependant, à Juan de la Cueva de nous avoir laissé une version intéressante de la vie de Vilhân, que l'on peut encore lire dans un manuscrit autographe:.

Manuscrit de la Bibliothèque Nationale de Madrid, ms. Le poème de Juan de la Cueva est essentiellement consacré à la mythologie. Les références à l'époque moderne sont extrêmement rares, mais il convient de noter qu'elles ont toutes trait à Seville: C'est sans doute à Seville, également, que Vilhân connaît cette triste fin, noyé au fond d'un puits où l'ont jeté de farouches bandits. C'est une fin que nous commenterons plus loin. Observons pour le moment que l'inventeur des cartes à. Manuscrit de la Bibliothèque Nationale de Madrid, fol. Le texte — autographe — de Juan de la Cueva est daté de Cuenca, 9 mai 1 avec une dédicace à dona Gerônima Maria de Guzmân.

Dans le ms. Quant à identifier cet auteur qui le fait naître à Barcelone, on préfère y renoncer, tout comme l'a fait Martin de Riquer, après avoir cherché en vain des documents barcelonais sur ses prétendues origines catalanes '. C'est encore dans les toutes premières années du XVIIe s. Dans une satire difficile à dater avec exactitude, Eugenio de Salazar qui, retour du Mexique, est nommé en auditeur au Conseil Suprême des Indes stigmatise les abus de la Cour. Voici le tercet dans lequel il fait allusion à Vilhân:. Comienzo a examinar un b. Sâtira por similes y comparaciones contra los abusos de la Corte, manuscrit de la Real Academia de la Historia, dans Gallardo, Ensayo de una biblioteca espahola de libros raws y curiosos, tome IV, col.

On ne sait rien sur le Taborda du dernier vers. Quant à Vilhân, il est ici l'objet d'une invocation quasiment religieuse de la part de l'un de ces tricheurs, tahures etfulleros, que le même Eugenio de Salazar fustige dans un autre tercet de cette satire Ibid.


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Cervantes évoque Vilhân, à deux reprises, dans Rinconete y Cortadillo, la plus célèbre des Nouvelles Exemplaires, publiées en Fuera desto. Dans ce passage 2, Cervantes innove en créant un adjectif à partir du nom propre. La meilleure preuve que cet adjectif est le résultat d'une certaine recherche se trouve dans le fait que la première version de la nouvelle propose, au lieu de ciencia vilhanesca, ciencia de lafulleria, c'est à dire, plus prosaïquement,.

Pour Cervantes, qui est le premier et le seul à employer cet adjectif, Vilhân est donc, implicitement, le patron des tricheurs. Ce patronage devient explicite, quelques pages plus loin, lorsque le même Rinconete répond à Monipodio qui l'interroge sur ce qu'il sait faire:. Lope de Vega, lui aussi, connaît bien Vilhân ou, plus exactement, certains de ses attributs.

Yo he servido a Laureano desde nino. Hijo fui de un escudero que en papeles le sirviô; puseme a escuelas. Y porque duda no lleves si en decir cuarenta erré. Obras, nueva ediciôn de la Real Academia Espanola. On retrouve ici la métaphore du jeu de cartes comme livre, déjà présente dans la définition du Tesoro de Covarrubias, et ce jeu se compose bien des 48 cartes traditionnelles, si l'on ajoute, comme le fait Mongil, les 8 et les 9 des quatre enseignes aux 40 cartes d'abord mentionnées. Quando no puede mâs la envidia, ofende con apariencias frivolas y frias, que hasta en los mismos tribunales vende.

Hay en este lugar ciertas Harpyas destas que estudian, io que ciencia rara! Que cuando algûn ingenio se prépara para escribir lo que estudiado tiene, dicen que cierto espiritu le ampara. Epistola décima a D. Francisco de la Cueva, composée vers 1 ; dans Obras sueltas, Madrid. Vilhân est donc bien le maître d'une science, et d'une science malfaisante l. Son empire, qui s'étend sur les escholiers et les poètes, est sans partage.

Dias géniales o lûdicros, III. Clâsicos castellanos, n. Voyons-le, à présent, parcourir les chemins d'Espagne, tel un picaro qui cherche fortune. Un itinéraire picaresque. C'est à Luque Fajardo que Ton doit la version la plus complète de la biographie de Vilhân. Mais l'auteur du Fiel desengano contra la ociosidady los juegos prend bien garde de ne pas donner pour sienne cette version. En effet, dans le premier des deux chapitres qu'il consacre à ce personnage ', c'est à Florino un joueur repenti, qui a longtemps pratiqué, précisément, Xefloreo de Vilhân qu'il fait raconter la vie de celui que tous les joueurs considéraient comme l'inventeur des cartes à jouer.

Avant de livrer la version la plus courante de cette vie pour le moins aventureuse, Florino en évoque deux autres, pour lesquelles il ne précise que ce qu'elles disent sur le pays dont Vilhân serait originaire. Une première version fait venir Vilhân de France, parce que les cartes seraient, elles aussi, venues de France 2. Cette opinion reçoit pour tout commentaire une remarque ironique sur le profit d'une telle marchandise: Une seconde version le fait venir de Flandres, peut-être, est-il précisé, parce que les dames de cette province encore espagnole, â l'époque ont inventé le jeu des trescientos 3.

Mais ces deux versions ne sont pas retenues, car on ne saurait attribuer à ses voisins l'origine de tous ses maux: C'est alors qu'est donnée la version quasiment officielle, celle que les joueurs appellent la Vida de Vilhân:. Entrando despues desto. On se prend à rêver sur tout ce que nous aurait appris Florino si Luque Fajardo ne l'avait pas contraint à réduire son récit à un abrégé dont la syntaxe même est parfois elliptique. Mais, telle quelle, cette version — qui est, désormais, devenue classique ' — peut retenir quelques instants notre attention, car le peu qu'elle nous apporte n'est pas dépourvu d'intérêt.

Ainsi donc, Vilhân est natif de Madrid. Il se ruine au jeu et décide alors de partir pour Seville. Cette décision —on est tenté de dire ce réflexe — en dit plus long que le Memorial de Porras de la Câmara, cité plus haut, sur l'attrait que la cité andalouse exerçait alors sur les aventuriers de tout poil. Pour se rendre à Seville, ce personnage de légende ne peut que suivre l'itinéraire normal de l'époque, celui dont Pero Juan Villuga nous a laissé le tracé dans son Reportorio de todos los caminos de Espana, publié à Medina del Campo en Cet itinéraire obligé, Vilhân le suit cependant â sa façon, c'est a dire qu'il fait longuement étape en divers endroits, où il prend â chaque fois un nouveau métier.

C'est ainsi qu'il se fixe quelque temps à Orgaz, a cinq lieues au sud de Tolède, où il apprend le métier de maçon, dont il ne tarde pas à maîtriser les techniques, puisqu'il construit une cheminée restée fameuse dans la mémoire des gens. Cet apprentissage extrêmement rapide, couronné par un chef d'oeuvre inoubliable, ne manque pas de faire penser à quelque initiation maçonnique. Et, derrière ce chef d'oeuvre même, qui s'apparente à d'autres monuments fabuleux de la région 2, il y a sans doute quelque mystère que nous sommes aujourd'hui impuissants à percer.

Au nombre de ces étapes, il faut également compter les.

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Quel est le terme de cet itinéraire? Triste fin, mais somme toute logique et qui donne au récit, si elliptique soit-il, une certaine cohérence. Le bûcher, punition du tricheur, n'est-il pas aussi la revanche de l'élément asservi, le feu de la cheminée et la flamme des cierges? Vilhân est, du reste, voué à l'Enfer, dont certains prétendent même qu'il provient. On ne poussera pas plus avant la glose d'une légende dont les données sont trop fragmentaires pour autoriser une véritable interprétation '.

On notera toutefois d'autres ressemblances, d'autres constantes. La vie — ou, plus exactement, les vies — de Vilhân ne sont connues de nous que par le témoignage d'auteurs sévillans: Juan de la Cueva et Francisco de Luque Fajardo. C'est dans un rapport sur la dissolution des moeurs sévillanes que sont mentionnées les casas de Vilhân. C'est à l'ombre de la Giralda qu'est évoqué le floreo de Vilhân. C'est enfin dans le traité du sévillan Rodrigo Caro que notre personnage apparaît, semble-t-il, pour la dernière fois. En outre, ce personnage aussi fortement lié à Seville est toujours donné comme venant d'ailleurs, de loin, du Nord.

De Flandre, de France, de Barcelone, de Madrid. Mais il termine sa course hasardeuse dans la métropole du jeu, aux côtés de ce Pierre Papin, lui- même venu d'ailleurs, et installé dans la rue du Serpent. A Seville, inévitablement. Il se pourrait donc que ce soit à Seville même — au terme de cet itinéraire où elle l'immole — que soit née la légende de Vilhân.

Car, si la fable ne dit rien de sûr quant à l'invention du jeu, elle suggère, au moins, ses propres origines.

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On a vu que c'est à cette tâche impossible que s'est encore appliqué, à la fin du siècle dernier, un historien catalan. Il en allait bien autrement, un ou deux siècles auparavant; il se produisait alors le phénomène exactement inverse. Dans l'Espagne des années , personne n'ajamais revendiqué une invention dont le Père Ménestrier devait estimer, en 1 , qu'elle était ingénieuse. En effet, lorsqu'ont été écrits les textes précédemment cités, le jeu de cartes était à proscrire. Et, pour mieux le proscrire — le bannir — , à une époque où la xénophobie était plus que latente, le plus efficace était d'abord de donner à croire qu'il venait d'ailleurs.

Le discours sévillan sur les origines flamandes, françaises, barcelonaises et même madrilènes de Vilhân est à cet. Cet autrui aurait pu être, tout naturellement, le Maure que l'on achève d'expulser. Cet ailleurs aurait pu être, en toute logique, les Etats barbaresques dont les Espagnols ont reçu tant de choses. Mais il n'y a guère que Diego de Guadix qui est le premier à nous parler de Vilhân, en l'identifiant avec son invention supposée pour suggérer une origine arabe. Réfutation absurde, qui dénie toute ancienneté à la civilisation arabe. Mais réfutation significative: Pour Luque Fajardo et pour l'ensemble de ses contemporains, la civilisation arabe, c'est encore quasiment le présent, un présent contre lequel on doit se défendre.

Raison de plus, dira-t-on, pour attribuer aux Arabes l'invention d'un jeu réprouvé. Mais l'iconographie des naipes, qui semblait alors étrangère à la symbolique orientale, leur matérialité et la façon dont était organisé leur commerce aux XVIe s. Il suffit, en effet, d'observer les exemplaires de cartes espagnoles anciennes dont nous disposons pour comprendre que leur invention ait été attribuée à d'autres qu'aux Maures: Les versions de la vie de Vilhân qui le font venir de France et de Flandre sont donc inspirées d'une réalité que les documents et les objets conservés établissent de façon formelle.

Et, si le Vilhân de Juan de la Cueva est barcelonais, cela n'est peut-être pas sans rapport avec le fait que les premières mentions de cartes à jouer dans le Péninsule sont précisément barcelonaises. Vilhân et Nicolas Pépin ne sont pas nés, pas hasard, d'une imagination capricieuse. La légende n'est pas sans lien avec le réel, ou du moins avec quelques fragments connus de ce réel, quelques faits établis d'une histoire incertaine.

Mais, en mêlant fabrication et invention, diffusion et origine, cette légende prend avec le réel la liberté nécessaire à l'exercice de l'imagination. Même si elle ne rend pas compte de la véritable histoire du jeu, elle traîne avec elle une part de vérité,. La légende n'est pas toute fantaisie; elle est aussi faite pour prouver quelque chose. La preuve par l'étymologie. On peut s'étonner de ce que Covarrubias, qui publie son Tesoro près de dix ans après que Luque Fajardo a rédigé son Fiel desengano, ne fasse aucune allusion à Vilhân.

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Ce sont là des détails qui rapprochent les deux personnages dans leur fonction quasiment pédagogique. En effet, non seulement l'origine française est également le point de départ de l'une des versions de la vie de Vilhân, mais encore cette bosse sur le dos de Pierre Papin n'est-elle pas sans évoquer, dans l'imagerie populaire, quelque personnage diabolique.

Pierre Papin est bossu comme est boiteux le diable de la tradition '. Or, Luque Fajardo, lorsqu'il fait parler Florino, insiste longuement sur le fait que les joueurs eux- mêmes croyaient que Vilhân et le démon ne faisaient qu'un: Vilhân, c'est donc le démon en personne. On le dit. Reste à le prouver.

C'est encore la tâche de Luque Fajardo, qui ne doit pas faire oublier qu'il est clerc et que son traité est censément un ouvrage de morale. Dans le second chapitre qu'il consacre à Vilhân, il ne se contente plus de rapporter —et de réfuter— l'opinion du vulgaire. Il donne plus amplement la parole à Laureano, l'homme avisé qui est chargé de ramener Florino dans le droit chemin.

Laureano fait montre de l'érudition la mieux intentionnée pour expliquer que Vilhân, c'est le Balaam de la Bible Nombres, XXII, 5 , ce prophète que l'exégèse traditionnelle considère comme un sorcier malfaisant, à cause des sacrifices sanglants qu'il imposait aux hommes. Il se trouve que le texte hébreu donne effectivement le nom deBil'an au Balaam de la Vulgate, ce qui permet à Luque Fajardo de renforcer sa thèse 3. Mais il ne s'arrête pas en si bon chemin.

Il n'applique pas sa méthode au seul nom de l'inventeur supposé. Le nom de l'invention est également examiné; l'étymologie de naipe est recherchée dans la même langue et sollicitée dans le même sens. Ainsi donc, Vilhân et naipe sont des mots qui disent, au résultat, la même chose, puisqu'ils évoquent, l'un et l'autre, le sacrifice, la destruction, l'anéantissement:.

Y tengo para mi que la palabra naipes tuvo su principio en otra diciôn hebrea napâs, que es lo mismo que deshacer, consumir. Y siendo asi, en buen romance séria decirnos que el naipe es un instrumento de juego con que se desperdicia y mal logra el tiempo, el edifîcio de las virtudes se pone por tierra, la hacienda se consume y en mil ocasiones se acaba el sufrimiento, los hombres se muelen. Quel art de faire parler les mots!

Covarrubias, certes, s'y entend aussi; car, pour retrouver derrière le mot naipe le nom de l'inventeur de la chose, il faut ne pas être dépourvu d'imagination. Mais le but de Covarrubias — il le déclare explicitement ' — est de rechercher des etymologies et non pas de moraliser à partir de celles-ci. L'auteur du Tesoro ne veut rien prouver; il explique et, à l'occasion, se fait l'écho de croyances communes. Et sa pratique de l'étymologie, si fantasque soit-elle, n'est autre que celle que les humanistes ont héritée de saint Isidore qui, dans une encyclopédie intitulée précisément Etymologiarum libri, a réuni la totalité du savoir humain en suivant constamment le chemin qui va des mots aux choses 2.

Quant à Juan Rufo, on a vu que,, loin de rechercher une savante étyniologie, il trouve le plus simplement du monde une signification immédiate au nom de Vilhân, dont il ne nous parle, au demeurant, que pour dénoncer précisément cette vil hambre, la vile faim des joueurs insatiables. Mais, si cette moralité est très probablement la raison d'être de l'apophtegme, l'explication sémantique par ampliation et découpage du signifiant est donnée comme une évidence, sans recours à quelque autorité livresque.

Il n'en va pas de même dans le Fiel desengaiïo de Luque Fajardo: C'est, d'une façon plus générale, ce que font, les uns après les- autres, les contemporains de Luque Fajardo, lorsqu'ils vont répétant que le mot même de tahur est dérivé du nom de Theuth, un mauvais génie mentionné par Socrate dans le Phèdre de Platon K Moins savant, mais tout aussi répandu dans les ouvrages sérieux à commencer par le lexique de Covarrubias , est le jeu de mots étymologique qui consiste à faire venir tahur du verbe hurtar qui signifie voler, dérober: Inutile même de faire parler les mots.

Il suffit de les répéter, à l'endroit et à l'envers. Et ce va-et-vient qui fait sens — si l'on peut dire — apporte à beaucoup la preuve que le joueur est un voleur. C'est lapreuvepar l'étymologie. Nos bons humanistes du Siècle d'Or en ont, eux aussi, usé et abusé, afin de donner à leurs thèses moralisatrices un fondement d'apparence scientifique. Naipe ne vient pas davantage de napâs, la destruction, que religion ne dérive de religare, réunir, rassembler. Quant à rapprocher tahur de hurtar, c'est jouer avec l'homonymie, faire très exactement un calembour, en rester au stade le plus élémentaire de l'étymologie 5.

A quoi bon chercher à prouver par l'origine des mots? Cette recherche est vaine: La cause est entendue. Mais nous, qui ne savons rien — ou presque rien — sur l'origine de cette chose mystérieuse qu'est la carte à jouer, nous ne connaîtrions pas non plus ces légendes que les Espagnols semblent avoir été les seuls 1 à construire sur cette même origine, si la manie de soHiciter les mots n'avait conduit des hommes comme Luque Fajardo et Covarrubias à nous parler de Vilhân et de Nicolas Pépin.

On a vu que nombre de leurs contemporains ont fait allusion à ces personnages dans leurs écrits 2. La littérature espagnole des premières années du XVIIe s. Cette richesse compense en partie la pauvreté de la documentation historique et iconographique pour la même époque; elle nous révèle, en outre, l'existence d'un folklore propre à ce jeu et nous livre ces deux personnages légendaires censés l'avoir inventé. Or, ces allusions seraient aujourd'hui incompréhensibles sans le lexique de Covarrubias et le traité de Luque Fajardo, oeuvres d'étymologistes convaincus.

Et ces deux personnages auraient eu d'autant plus de mal à parvenir jusqu'à nous qu'après date probable de la rédaction des Dias géniales de Rodrigo Caro , on ne trouve plus leurs traces dans la littérature espagnole. Celui-ci doit rendre compte devant Lucifer de la façon dont les hommes ont usé de son invention, le jeu de cartes.

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Yo soy. Baaldat y Testacepusa. Yo soy el que inventé el naipe. Las Tarascas de Madrid y Tribunal espantoso. Pasos del hombre perdido v relacion del espiritu humano, Madrid. Pablo de Val. Institutode Estudios Madrilenos, , p. Cette évocation apocalyptique est, bien évidemment, au service d'une intention moralisatrice, tout comme les etymologies de Luque Fajardo. Mais il ne s'agit plus d'un discours érudit sur les origines: Et c'est cette élaboration même qui nous interdit de voir dans cet Auristel, qui n' apparaît nulle part ailleurs et dont le nom demeure mystérieux, un personnage de légende.

Vilhân et N icolas Pépin, en revanche, semblent avoir eu une belle carrière de personnages légendaires, qui n'est pas attestée par la seule littérature de divertissement. Mais on ne peut pas ne pas être frappé par la brièveté de cette carrière: J'ai essayé d'expliquer pourquoi cette carrière pouvait être liée à l'espace sèvillan au point de s'y circonscrire: Mais comment se fait-il que cette carrière soit aussi limitée dans le temps? Je ne puis apporter de réponse satisfaisante à cette question. Vilhân et Nicolas Pépin, qui n'ont pas eu d'émulés dans les autres pays, ne semblent pas avoir eu, non plus, de successeurs en Espagne.

Ils ont été vite oubliés. Francisco Santos aurait pu faire comparaître Vilhân devant Lucifer: Vilhân avait, en effet, toutes les vertus diaboliques d' Auristel. Mais Santos, qui manifeste pourtant dans ses nombreux écrits une très grande sensibilité au thème du jeu, ne devait plus connaître Vilhân. Quant à l'académicien qui, en , évoque Nicolas Pépin, on a vu qu'il emprunte sa mention au Tesoro de Oubliés, ces personnages ne sont même pas reconnus lorsqu'ils apparaissent de nouveau, au milieu du XIXe s. C'est du moins la mésaventure dont est victime Vilhân, qui devient, en , dans la très officielle Biblioteca de Autores Espanoles, un quelconque villano, un vilain anonyme.